Mozilla a un nouveau PDG et une nouvelle ambition. Anthony Enzor-DeMeo veut transformer le cĂ©lĂšbre navigateur libre en un « Ă©cosystĂšme » propulsĂ© par lâintelligence artificielle. Une orientation stratĂ©gique qui, Ă peine annoncĂ©e, provoque une levĂ©e de boucliers chez les fidĂšles. Câest une nouvelle page qui va



Il est mort, enterrĂ© et le lĂ©giste a pris sa retraite depuis le temps. Lâimmense majoritĂ© du trafic internet se fait sur des grosses plate-formes type GAFAM et les moteurs de recherches sont plus inefficaces que jamais pour trouver des informations honnĂȘtes (je parles mĂȘme pas de fiabilitĂ©) dĂšs quâon sort des institutions type WikipĂ©dia. La plupart des usages sont monopolisĂ©s par des grosses boites qui font leur loi et invisibilise toutes initiatives moins Ă©tablis sur le marchĂ©, que ce soit pour des rĂ©seaux sociaux, de la vente, du streaming vidĂ©o ou musical ou autre.
Je ne sais pas ce qui motive la véhémence de tes réponses ?
Suivant ton raisonnement, seul ce qui est numĂ©riquement significatif serait vivant ? Toute minoritĂ© serait dĂ©clarĂ©e morte car trop peu nombreuse pour ĂȘtre significative ? Ne penses-tu pas que, pour le coup, tu confondes deux choses trĂšs diffĂ©rentes mais que certains, dans cet Ăąge vouĂ© Ă lâintolĂ©rance et la haine croissante de la diffĂ©rence, pourraient vouloir nous encourager Ă confondre ? A savoir la popularitĂ© dâune chose (ou dâune personne, dâailleurs) et son droit Ă lâexistence ? Je pense que câest une dangereuse confusion. Bref, câest jamais que mon avis.
Le Web, doncâŠ
Bien sur que tout a virĂ© vers les gafam (et associĂ©s), câest pas un scoop et je ne serais probablement pas ici Ă tenter de calmement discuter avec toi sur ce ârĂ©seauâ obstinĂ©ment moins populaire que ceux des gafam si je nâĂ©tais pas conscient de cela, tu ne crois pas ?
Cela Ă©tant posĂ©, je persite Ă dire que ce virage/cette indiffĂ©rence de masse ne signifie pas que ce Web soit mort. Cela signifie uniquement quâil nâest plus populaire.
Une masse de personnes ne mettront jamais les pieds dans une bibliothĂšque publique de toute leur vie. Câest un constant navrant, mais cela ne signifie pas que ces bibliothĂšques sont mortes. La seule chose que cela indique, câest que cette masse de gens ne sâintĂ©resse plus aux livres⊠A court terme, ils sont les seuls grands perdants dans leur choix. Sur le long terme, oui, peut-ĂȘtre cela pourrait finir par tuer ces bibliothĂšques publiques faute de soutien public mais, mĂȘme lĂ , il resterait toujours les bibliothĂšques privĂ©es.
En attendant, aujourdâhui les bibliothĂšques publiques sont bien vivantes et mĂȘme si elles son trop rarement aussi courues quâun happening par un influenceur TikTok ou que le fil de commentaires dâun Elon Musk ou dâun Donald Trump sur leurs rĂ©seaux respectifs, elles sont ouvertes au public⊠quâil sây intĂ©resse, ou pas. Et puis, une petite partie de ce public apprĂ©cie encore de sây rendre.
MĂȘme chose pour ce Web que tu enterres avec Ă©nergie. Il est lĂ . Vivant, mĂȘme si discret. De toi Ă moi, et si je peux me baser sur ma modeste expĂ©rience personnelle, je doute quâil disparaisse avant que nos lĂ©gislateurs ne rendent illĂ©gal ou, plus probablement, trop administrativement complexe/coĂ»teux le fait de possĂ©der son propre site Web et nom de domaine, ou encore plus probablement, beaucoup plus mĂȘme, sâils rendent carrĂ©ment impossible dâutiliser un pseudonyme.
Le fait que plein de gens ne le connaissent plus ou, le connaissant, prĂ©fĂšrent rester bien au chaud chez les gafam nây change rien.
Surtout, leur choix de lâignorer ne leur donne pas le droit de le dĂ©clarer mort.
Comme je disais, je ne me fais pas beaucoup dâillusions sur lâavenir qui sâesquisse. Mais lâavenir nâest pas Ă©crit.
Jâai une frustration en moi depuis que personne a lu mon blog au lycĂ©e.
Câest pas seulement ça : les services et activitĂ©s sur internet en dehors des grosses boites ne sont pas seulement minoritaires, ils sont invisibilisĂ©s. Si un artisan dans ma rue ouvre un site web pour vendre ses produits sa page serra loin derriĂšre amazon et compagnie dans ma recherche, mĂȘme si les produits de lâartisan sont plus pertinent par rapport aux mots-clefs que jâai entrĂ©s. Et par contre il serra beaucoup plus visible sâil se fait un compte EtsyâŠ
Le web indĂ©pendant non, mais le web indĂ©pendant et populaire oui (par dĂ©finition). Et câĂ©tait bien ça la promesse Ă la base : que tout le monde puisse communiquer avec tout le monde de façon libre et horizontal, pas que tout le monde puisse communiquer avec quelque nerds de façon libre et horizontal, et sous le contrĂŽle des corpos avec la majoritĂ© des gens.
ça je suis bien dâaccord, mais câest peut-ĂȘtre plus proche quâon ne le pense (voir la loi chat control pour lâUE par exemple).
Bien sĂ»r, mais ça ne change pas la rĂ©alitĂ© de lâexistence du site web de ton artisan ⊠tant quâil ne dĂ©cidera pas que ça ne vaut pas la peine de dĂ©penser de lâargent sur un site Web, du moins.
Tout ce que ça dit â en dehors de la paresse de lâutilisateur que nous devrions probablement nous dĂ©cider Ă questionner â câest que la majoritĂ© semble sâentendre Ă reconnaĂźtre la logique mercantile comme la seule valide. Une logique prĂ©datrice qui tente de sâarroger le droit de dĂ©cider de ce qui est vivant (lĂ©git/utile) de ce qui est mort (inutile) sur base dâune quantification arbitraire (pages vues, clics, SEO,âŠ).
Une logique qui fait du Web, comme du reste de la planĂšte dâailleurs, une ressource Ă exploiter pour en tirer du profit.
Or, comme je le disais plus haut, de ce point de vue, ça revient Ă dire quâaucune minoritĂ© nâest plus lĂ©gitime⊠vu quâelle est minoritaire en face dâune majoritĂ©. Quand allons-nous appliquer cette logique en dehors du Web, Ă lâencontre de groupes de personnes par exemple ? Ou câest dĂ©jĂ commencé ?
En acceptant ce critĂšre du succĂšs (page vue, clics, nombre dâutilisateurs, etc.), tout comme en exigeant que les choses soient toujours plus simplifiĂ©es et prĂ©digĂ©rĂ©es pour lui, lâutilisateur fait un choix et en mĂȘme temps il valide la logique qui est derriĂšre ce choix.
Par exemple, en utilisant des sites de rencontre qui vont nous âmatcherâ Ă coups dâalgorithmes avec le(s) bon(s) partenaire(s), on valide un systĂšme oĂč rencontrer quelquâun signifie rencontrer une personne qui est choisie pour nous par lâalgorithme, pire encore, une personne qui doit rĂ©pondre Ă certains critĂšres physiques, sociaux et intellectuels (?) pour avoir une chance dâĂȘtre âsĂ©lectionnĂ©eâ. Câest un filtre terrible, qui exclut bien des rencontres possibles.
Ou encore, Ă lâĂ©cole, quand on choisi de faire lire aux enfants la synthĂšse dâun classique ou, probablement pire, une version âsimplifiĂ©eâ de ce classique au lieu dâexiger de lâenfant quâil le lise par lui-mĂȘme, il se passe quoi, en rĂ©alitĂ©? Sous couvert de simplifier la vie de lâenfant (âcâest trop dur/trop long de lire Hugo, Zola, ou Flaubertâ), on valide surtout le fait que ce jeune lecteur dâaujourdâhui nâest plus capable de lire un texte qui Ă©tait jugĂ© Ă la portĂ©e des jeunes lecteurs dâil y a quelques gĂ©nĂ©rations. La bonne question consiste alors Ă se demander pourquoi nâest-il plus capable de le lire ?
Une autre logique existe, comme un autre Web existe pour le moment encore.
Pour lâĂ©ducation, ce nâest pas un hasard si tant de familles qui en ont les moyens dĂ©sertent lâenseignement public. HĂ©las, encore une fois, les vrais perdants sont ceux qui nâont pas les moyens de choisir.
MĂȘme chose pour le Web.
Bref, le public fait un choix, toujours. Ce choix est de plus en plus vivement encouragé à aller dans une direction bien spécifique, mais ça reste son choix.
Comme je disais dans mon tout premier message, câest quelque chose qui ne me surprendrait pas si cela arrivait, et qui ne me surprendra pas : je mây prĂ©pare comme je peux et, aussi, je deviens assez vieux et je suis en assez mauvaise santĂ©, pour mâinquiĂ©ter sensiblement moins de mon petit avenir personnel.
Je suis plus inquiet pour les plus jeunes qui semblent tellement engluĂ©s dans leur dĂ©pendance aux apps et algorithmes. Je ne vois pas comment ils vont pouvoir sâen dĂ©tacher, sans⊠effort. Un trĂšs gros effort⊠que nous avons refusĂ© de leur apprendre Ă faire. Au contraire, jâai peur quâils refusent cet effort et acceptent cette nouvelle forme de servage numĂ©rique qui arrive.
Mais lâalternative est toujours lĂ , Ă portĂ©e de clic, juste dehors de nos petites habitudes et dehors de notre confort gafamisĂ©.
Je ne sais pas ce que les gens veulent faire, mais je sais quel Web, moi, je préfÚre parcourir.
edit: précisions.
Tout Ă fait. Et mĂȘme parmis ceux qui sây opposent en paroles, une bonne partie les soutient en acte, parceque âcâest quand mĂȘme pratiqueâ.
Tout Ă fait dâaccords sur les autres points, mais ça je nâai jamais vu. Jâai travaillĂ© quelques annĂ©es en collĂšge public donc câest possible que je soit passĂ© au travers mais ce nâest certainement pas une pratique courante.
La politique dâacquisition des bibliothĂšques publiques est de courrir aprĂšs le marchĂ© (livres; dvd, presse en ligne; etc ) et de ce fait elles se condament Ă toucher une petite partie de la population.
Les chiffres le prouvent : la frĂ©quentation baisse et certaines csp ne sont plus du tout prĂ©sentes. Lâenfance faisant exception mais il nâest pas certain que Disney entre dans la place
Je pense que tu réponds au mauvais commentaire